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Halo : Faucons voraces

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«

In the heart of a UNSC testing facility on Reach, the Master Chief showcases to Colonel James Ackerson that no matter what competition they are up against, a Spartan is capable of things no other military asset can achieve. It’s a reality that will be put to the test as a team is assembled to board a Covenant research vessel found orbiting the recently glassed world of Promise.

Au cœur d'un centre de test sur Reach, le Major démontre au colonel James Ackerson qu'un Spartan peut faire face à n'importe quelle opposition mieux que n'importe quel autre unité militaire. Cette réalité sera mise à l'épreuve alors qu'une équipe doit être assemblée opur aborder le vaisseau de recherche covenant découvert en orbite du monde récemment vitrifié appelé Promise.

»

Halo : Faucons voraces (Halo: Hungry Buzzards en VO) est une nouvelle écrite par Troy Denning et incluse au format numérique dans les éditions premium et collector de Halo : Campaign Evolved, disponible durant la période d'accès anticipé du jeu à partir du 23 juillet 2026. Elle sert de prologue à l'histoire de l'opération : METEORITE dans le jeu, dont Denning a participé à l'écriture.[2]

Comme le reste des bonus numériques de Campaign Evolved, la nouvelle est accessible depuis l'application Halo: Campaign Evolved - Digital Story & Art Collection et disponible en anglais, allemand, espagnol (Espagne), espagnol (Mexique), français, italien, polonais, portugais, russe, japonais, chinois traditionnel, chinois simplifié et coréen, ce qui en fait l'histoire Halo officiellement traduite dans le plus grand nombre de langues différentes.

Résumé[modifier | modifier le wikicode]

Le 13 Juillet 2551, John-117 assiste les tests des exosquelettes de combat Mark I(H), un projet de James Ackerson, et pilotés par les Marines endurçis de la force Hungry Buzzards. Ackerson et Whitcomb interrompent l'exercice au moment de vérité qui aurait déterminé qui du Spartan ou des exosquelettes aurait remporté le test, afin de les envoyer en urgence pour une mission d'abordage d'un vaisseau de ravitaillement covenant mystérieusement laissé en arrière sur la colonie de Promise après sa vitrification, dans l'objectif de s'emparer de son starholo et accéder aux données de navigation spatiale des Covenants.

Ackerson souhaite que John et les Hungry Buzzards soient immédiatement déployés pour aborder le vaisseau, désireux de démontrer que les Mark I(H) peuvent égaler un Spartan équipé d'une armure Mjolnir, mais John s'oppose à l'usage des exosquelettes, qu'il considère comme équipés d'armes trop puissantes qui transperceraient la coque du vaisseau et l'exposerait au vide spatial, et trop peu réactifs pour les combats en milieu confiné du vaisseau. Pour le prouver, John met au défi les Hungry Buzzards de l'empêcher de traverser un tunnel large comme une coursive d'un vaisseau covenant.

En combinant son agilité, l'usage de grenades éblouissantes et en retournant les exosquelettes entre eux, John gagne le duel et Whitcomb lui demande de trouver un autre plan pour aborder le vaisseau. Puisque les Hungry Buzzards ne sont pas formés aux opérations d'abordage et le considèrent comme un rival plutôt qu'un allié, John décide de ne pas les déployer pour cette mission et de travailler en duo avec un autre soldat de confiance.

Opération : METEORITE révèle que ce soldat est Avery Johnson.

Contenu[modifier | modifier le wikicode]


Traduction officielle[modifier | modifier le wikicode]

09h 37, 13 juillet 2551 (calendrier militaire) / Système Epsilon Eridani, planète Reach, complexe militaire de l'UNSC

Les derniers faucons voraces étaient tapis un peu plus loin, attendant John-117 dans un hangar de navettes sombre, transformé en centre de test de trois hectares. L'escouade avait déployé la moitié de ses effectifs, soit quatre Marines équipés d'exosquelettes à système blindé de défense Mark I(H), dans une embuscade dite « à porte battante ». Dès qu'il entrerait dans leur zone de mise à mort, la porte se refermerait.

Même sans les images thermiques de son HUD, John savait qu'il se dirigeait vers les ennuis. L'embuscade avait été tendue dans un passage étroit formé par une cloison en acier d'un côté et une barrière de caisses de l'autre. Tout bon Marine apprécierait son potentiel, et ses adversaires comptaient parmi les meilleurs. En effet, ils étaient tout ce qui restait du bataillon des forces de reconnaissance « Faucons voraces » de la 19e division des Marines, qui s'était illustré à Legopo en tenant tête à une légion entière de commandos jiralhanae. Seuls huit d'entre eux avaient survécu, entrant en orbite à bord d'un transporteur de troupes de type spirit qu'ils avaient préalablement réquisitionné. Leur expérience du combat dépassait de loin celle de la plupart des marines en fin de carrière.

Ils savaient que John aurait conscience du risque d'une embuscade dans un goulot d'étranglement. Intelligents et expérimentés, ces Marines n'avaient pas investi la moitié de leurs forces dans une tactique qui reposait sur l'imprudence d'un Spartan.

Ils voulaient amener John dans la zone de mise à mort.

John se replia dans la casse, une zone plongée dans le noir, remplie de blindés légers et de véhicules de projection de force hors d'usage, scrutant le périmètre et surveillant ses arrières. Comme personne ne le suivait, il regarda dans la seule direction restante : en haut.

Ses détecteurs de mouvements révélèrent la présence de trois nettoyeurs rampant le long des poutres au plafond. Ils avaient retiré leurs exosquelettes SBD pour pouvoir escalader la superstructure, ce qui constituait une violation des protocoles d'essai. Mais la guerre ne suivait aucune règle et leur ingéniosité était admirable. Il les étudia assez longtemps pour s'assurer qu'ils portaient tous les trois des harnais de sécurité, puis se laissa tomber sur le dos et leva son fusil d'assaut MA5B… C'est alors qu'une voix d'homme perçante retentit dans son casque.

« Plus vite, Spartan. Nos invités ont un emploi du temps chargé. »

La voix appartenait au colonel James Ackerson, qui se trouvait dans la salle d'observation située au sud du hangar, et qui assistait au test avec une poignée de gradés qui avaient rejoint le terrain d'aviation Fairchild depuis différentes bases de Reach. Ackerson était l'actuel superviseur du programme d'exosquelette SBD, et il était suffisamment ambitieux pour en assurer le succès en poussant John à entrer prématurément dans l'embuscade.

« Tout de suite… chef. »

John tira six fois, flanquant plusieurs balles à blanc dans chaque nettoyeur. Alors qu'ils arrivaient au bout de leur corde de sécurité, il tira de nouveau, touchant le plastron de l'uniforme d'entraînement au combat qu'ils avaient revêtu pour remplacer leurs exosquelettes SBD. L'armure se verrouilla instantanément, les laissant suspendus à sept mètres au-dessus du sol. Avant qu'Ackerson ne l'invite à nouveau à se presser, il s'accroupit et courut vers une épave de warthog qu'il avait repérée plus tôt. La mitrailleuse M247 qu'il avait cachée dans la zone de cargaison était toujours là. Il vérifia que les roues avant étaient dirigées vers l'embuscade et commença à pousser.

Le véhicule pénétra le goulot d'étranglement aussi vite qu'il pouvait courir. Et lorsqu'il percuta la barrière de caisses, John n'arrivait plus à le suivre. Peu importe, car l'impact projeta des caisses dans tous les sens et immobilisa le warthog… Sur le premier membre de l'équipe d'assaut. John sauta dans la benne et récupéra la mitrailleuse M247 qui y était rangée, puis se prépara à canarder l'artilleuse de réserve qui aurait dû se trouver derrière l'équipe d'assaut.

Personne.

Les trois autres membres de l'équipe d'assaut commencèrent à s'éloigner de ce qu'il restait de la barrière pour occuper l'espace qui aurait dû être couvert par l'artilleuse, quand la voix d'Ackerson se fit à nouveau entendre.

« À toute l'équipe de test, repos ! Je répète, tous les combattants doivent baisser les armes ! »

« Quoi ? »

L'objection ne vint pas de John, mais du sergent-chef Aleta Vachon. Dès qu'elle ouvrit la bouche, un bruit retentit derrière la cloison d'acier, à quelques pas de John… C'était l'artilleuse de réserve, cachée dans le seul endroit où il n'aurait jamais pensé la chercher : dans la zone de mise à mort.

Des balles réelles auraient traversé la cloison et pulvérisé quiconque se serait trouvé derrière. Mais les cartouches à blanc ? Jamais elles n'auraient pénétré une couverture aussi solide, et les Faucons voraces en avaient profité.

Improviser, s'adapter, triompher.

« On le tenait, » poursuivit Vachon.

« Il aurait été bon d'aller jusqu'au bout du test, » admit John. Il ne pouvait nier qu'il était tombé dans le piège des Faucons voraces, mais il n'avait jamais été question de se laisser neutraliser. L'artilleuse de réserve se trouvait derrière lui, à seulement quatre pas, et elle n'aurait pas bougé d'un pouce. Les prototypes SBD étaient bien trop lents pour ça. « Dommage qu'on ait été interrompus, » ajouta-t-il.

« Je n'avais pas le choix, » dit Ackerson sans le moindre remords. « Rejoignez-nous dans la zone de vitesse. Quelque chose s'est produit et nous devons intervenir immédiatement. »

Une série de luminaires éclaira la superstructure dans un crépitement, baignant le hangar d'une vive lumière argentée. John attendit que Vachon et le reste de l'équipe d'assaut se rapprochent, puis se rangea avec les exosquelettes. Les prototypes SBD mesuraient près d'un mètre de plus que lui dans son armure Mjolnir, et le béton vibrait sous leurs pas lourds. S'il ne connaissait pas aussi bien leurs défauts, il aurait pu se sentir intimidé.

La colonne quitta le site de l'embuscade par un passage en épingle délimité par des panneaux en béton, qui s'ouvrait sur la zone de vitesse ; Un demi-kilomètre de hangar vide où les prototypes SBD étaient optimisés et soumis à des tests de vitesse. Ces derniers jours, John avait participé à tant de courses d'exosquelettes qu'il lui suffisait de fermer les yeux et de compter les pas pour savoir où se trouvait la ligne d'arrivée.

Alors qu'ils commençaient à traverser la zone, l'artilleuse de réserve sortit de derrière la cloison d'acier et s'approcha de John d'un pas décidé. Elle retira son casque, révélant la peau olive, les yeux couleur café et les cheveux noirs coupés courts du sergent Orea Moreno Ruis.

« Sauvé par le colonel, » lâcha Moreno Ruis. Elle insistait pour se faire appeler par le nom de famille de ses deux parents, c'était donc ainsi que John la connaissait. « Je vous aurais eu en deux secondes. »

John se pencha pour l'observer plus attentivement. Elle affichait un sourire satisfait. Elle en était persuadée.

« Vous étiez en retard, » répondit John platement.

« J’étais en chemin, » dit Moreno Ruis. « Je vous aurais eu à la seconde où vous auriez cessé de bouger. »

« Je n'aurais pas cessé de bouger. » John n'envisagea même pas de laisser Moreno Ruis croire à ses paroles ; les illusions pouvaient tuer. « Pas avant de vous avoir eue. »

Toute arrogance quitta Moreno Ruis. « Crétin. »

Elle s'en alla rejoindre le sergent-chef Vachon, qui dirigeait les Faucons voraces. John était presque flatté par cette insubordination, qui laissait entendre que l'escouade lui faisait suffisamment confiance pour lui parler librement, sans avoir peur des répercussions.

Cependant, il s'inquiétait de l'idée qu'ils se faisaient de leur équipement. Il avait entendu des rumeurs selon lesquelles Ackerson appelait les exosquelettes SBD le « Mjolnir du soldat non amélioré ». Or, la réalité était tout autre. Les exosquelettes pouvaient s'avérer utiles dans les combats statiques, opposant les armures mécanisées et l'infanterie lourde. Mais pas dans le cadre des opérations dynamiques menées par les petites unités de reconnaissance des Marines. Ces batailles reposaient sur la mobilité, et les exosquelettes SBD n'étaient guère plus que des plateformes de tir ambulantes.

La colonne avait traversé la moitié de la zone de vitesse lorsque les trois nettoyeurs - les sergents Haroun Ibn Aban, Else Taylor et Zenas Jauregi - débarquèrent. Tous trois portaient encore leur casque, ainsi que leur tenue de combat et leur harnais de sécurité.

Jauregi donna une tape sur l'épaule du Mjolnir de John. « Joli tir. Comment saviez-vous que nous étions là-haut ? »

« J'ai procédé par élimination, » assura John. « Vous n'étiez nulle part ailleurs. »

« Mais bien sûr. » Jauregi leva les yeux au ciel. « Écoutez, si c'est classé top secret, vous n'êtes pas obligé d'inventer une excuse… »

« Ce n'est pas un secret, » affirma John. « C'était le seul endroit où je n'avais pas regardé. »

Jauregi renifla, incrédule, tandis que la colonne atteignait le centre de la zone de vitesse. Les Marines formèrent un demi-cercle, avec John et Vachon au centre. Ils se mirent au garde-à-vous à l'arrivée d'Ackerson, qui était accompagné des invités et d'un peloton d'aides de camp.

« Repos, » ordonna Ackerson. « Désolé de gâcher la fête, mais nous venons d'être informés d'une grande opportunité, qui pourrait changer le cours de la guerre. »

Seul le sifflement d'un vérin brisa le silence.

« La flotte covenante qui a vitrifié Promise est partie il y a moins de vingt heures, poursuivit Ackerson. « Et avant que vous ne posiez la question, ça nous intéresse parce qu'elle a laissé derrière elle un vaisseau logistique sans défense. »

« Excusez-moi, colonel. » Vachon retira son casque, révélant un nez aquilin, des yeux verts et des cheveux blonds coupés à ras. « Je crois que je n'ai pas bien entendu. »

Les casques du SBD Mark I(H) étouffaient les bruits extérieurs ; un défaut qu'il fallait corriger.

« Vous avez dit sans défense ? »

Ackerson sourit. « Absolument, sergent. »

Ni sergent-chef ni cheffe d'escouade, ce qui aurait été plus approprié compte tenu de l'expérience et du calibre de Vachon. Non, juste sergent, un grade en dessous de son rang.

« Pour l'heure, il n'y a aucune escorte, » continua Ackerson. « Mais nous ne savons pas combien de temps ça va durer. Nous devons donc agir vite. »

« Pour capturer l'holostellaire ? » demanda John.

L'holostellaire était un appareil de navigation qui permettait aux vaisseaux covenants de parcourir le sous-espace avec une efficacité incomparable. John et l'équipe bleue en avaient récupéré un lors de leur premier déploiement contre les Covenants près de 25 ans plus tôt, et il s'était avéré crucial pour localiser, puis dévaster Zhoist, le monde servant de source de ravitaillement aux Covenants.

« C'est ça, votre plan ? »

« Le mien et celui du CentCom et de tous les autres, » confirma Ackerson. « C'est un vaisseau logistique de la flotte, donc son holostellaire contiendra des données bien plus récentes que celui que vous avez capturé quand vous étiez jeune. Il pourrait même révéler l'emplacement du monde d'origine des Covenants. »

« C'est peu probable, mais nous devons tenter le coup, » ajouta Danforth Whitcomb. Grand homme noir au crâne rasé et à la moustache tombante, Whitcomb était le vice-amiral responsable de l'ensemble du Materials Group de l'ONI, ce qui faisait de lui le supérieur direct de presque toutes les personnes présentes. « Compte tenu de l'évolution de la guerre, il nous faudrait un miracle pour tenir un an de plus. Ce vaisseau logistique pourrait être ce miracle. »

Whitcomb se tourna vers Ackerson.

Ce dernier dirigea toute son attention sur John. « Vous avez déjà accompli ce genre de choses auparavant, » dit-il. « Nous avons besoin de vous pour diriger l'équipe d'abordage. »

« Qui dois-je diriger au juste ? » John leva les yeux vers les exosquelettes qui le surplombaient. « Les faucons voraces ? »

« Évidemment, » répondit Ackerson du tac au tac. « Ils sont ici, ils sont doués, ils ont l'équipement nécessaire, et nous n'avons pas le temps de faire venir une équipe de Spartans. Ce vaisseau logistique ne va pas rester éternellement en orbite autour de Promise. »

« Ça me semble trop beau pour être vrai, » observa John. « Ça pourrait être un piège. Ce ne serait pas la première fois. »

« Pour piéger quoi ? » répliqua Ackerson. « En temps normal, nous enverrions un peloton d'ASCO et un rôdeur. C'est une récompense bien trop maigre pour que les Covenants prennent le risque de sacrifier un vaisseau logistique. »

« Nous avons discuté de la possibilité d'un piège en venant, » précisa Whitcomb. « Mais comme le fait remarquer le colonel Ackerson, cela semble peu probable. La seule ressource qui pourrait les appâter est sans doute un Spartan, néanmoins l'ennemi doit se douter que nous n'en enverrons aucun. Si nous envisageons de vous déployer, c'est uniquement parce que vous êtes ici, sur Reach, et que vous êtes disponible. »

La façon dont Whitcomb avait insisté sur ce mot n'échappa pas à John. Ackerson donnait l'impression que l'affectation était actée, mais Whitcomb n'était pas entièrement convaincu. Il voulait l'holostellaire, mais il n'allait pas laisser l'excitation ou l'émotion altérer son jugement.

Aussi, John profita-t-il de cette faille. « Un groupe d'abordage ne fonctionnera pas, » annonça-t-il. « Pas avec les Faucons. »

« Pardon ? » Vachon se retourna et bouscula l'épaule de John. « Parce que nous ne sommes pas des Spartans, c'est ça ? »

« Négatif. » John lui assena un coup de poing dans la plaque couvrant l'abdomen. « Le problème, c'est ça. Le SBD n'est pas une arme adaptée pour cette mission. »

« Le SBD est une excellente arme pour cette mission, » rétorqua Ackerson. « Ce n'est peut-être pas le Mjolnir, mais au moins, il ne nécessite pas d'augmentation biomécanique ni d'intégration neuronale. »

« Ce n'est pas la question, » contesta John. « C'est trop encombrant… »

« C'est aussi grand qu'un Jiralhanae, » dit Ackerson à l'intention de Whitcomb. « Et presque aussi rapide. »

« Mais trop puissant, » renchérit John. « À balles réelles, ces mitrailleuses pulvériseront le vaisseau de l'intérieur. »

« Serait-ce si grave ? » demanda Ackerson.

« Ça le sera quand la coque se brisera et que le vaisseau s'ouvrira. » Imitant Ackerson, John s'adressa directement à Whitcomb : « Chef, les exosquelettes SBD ne sont pas adaptés au vide et ne disposent pas de soutien-vie. Ce n'est pas l'arme qu'il nous faut. »

Whitcomb se tourna alors vers Ackerson. « Il n'a pas tort, colonel. »

Ackerson haussa les épaules. « Dans ce cas, nous allons changer d'armes, » dit-il en reportant son attention sur John. « Prenons des lance-grenades et des M247 équipées de chargeurs à tambour doubles. Ou préférez-vous des lance-pierres et des frondes ? »

Cette pique fit glousser les Faucons voraces, mais John resta silencieux. Le colonel s'inquiétait tant du succès de son petit projet qu'il en oubliait de s'assurer que les prototypes étaient prêts pour le combat, mettant en danger la vie de valeureux Marines,

Comme John ne réagit pas, Whitcomb soupira. « Tout le monde n'est pas fait pour porter le Mjolnir, Major. Mais cela ne veut pas dire… »

« Pardonnez-moi, chef, » dit John. « Mais ces prototypes ne sont pas prêts pour le combat rapproché, et je peux vous le prouver. »

« C'est ridicule, » objecta Ackerson. « L'exosquelette SBD est ce qui se rapproche le plus du Mjolnir, mais sans lien neuronal… »

Whitcomb leva la main. « Vous nous l'avez déjà dit, colonel… plusieurs fois, » fit-il remarquer avant de se tourner vers John. « Vous affirmez pouvoir prouver que le SBD n'est pas prêt. Comment ? »

John pointa son doigt vers le lieu de l'embuscade. «Ce goulet d'étranglement est à peu près aussi large qu'un couloir de vaisseau covenant. Postez-y le sergent-chef Vachon ainsi que les quatre autres Marines dans leurs prototypes SBD. S'ils parviennent à m'empêcher d'atteindre le warthog situé de l'autre côté, je retirerai tout ce que j'ai dit. »

« Et vous accepterez de diriger l'équipe d'abordage ? » demanda Whitcomb.

« Affirmatif. »

« Et s'ils échouent ? » souleva soudain le Dr Catherine Halsey. Cette femme aux cheveux gris et aux yeux bleus était la scientifique en chef de l'ONI et la fondatrice du programme SPARTAN II. « Que se passera-t-il quand John atteindra le warthog ? »

« Il ne le fera pas, » rétorqua Ackerson. « Ils sont cinq contre un dans un espace restreint. Même vos Spartans ne feraient pas le poids. »

« Ce n'est pas à vous que je m'adresse James »

Halsey et Ackerson étaient de grands rivaux qui se disputaient l'espace, le personnel et les fonds de recherche. Le colonel avait essayé de la faire exclure du groupe ce jour-là, mais elle avait débarqué avec Whitcomb, franchissant le point de contrôle avec un joyeux : « Je suis juste venue voir si James a trouvé quelque chose d'utile. »

« Et si je m'étais adressée à vous, » poursuivit Halsey, « Je vous aurais fait remarquer que les actes valent mieux que les mots. »

Elle ne quitta pas des yeux Whitcomb, qui finit par acquiescer.

« Effectivement. Voyons ce qui se passe, » dit-il en pivotant vers Vachon. « Sergent-chef, vous êtes d'accord ? »

« Quelles sont les règles ? » demanda-t-elle.

« Il n'y en a qu'une, » répondit John. « Nous devons imaginer que nous sommes dans un couloir de vaisseau, donc interdiction de quitter l'allée. Quiconque en sortira sera éliminé. »

Vachon plissa les yeux… Et sourit. « Compris. »

« Alors, c'est réglé. » Halsey se tourna vers le Major : « Au fait, John. »

« Madame ? »

« C'est pour leur bien, alors, ne leur faites pas de cadeaux. »

Whitcomb escorta Halsey et les autres vers la salle d'observation, tandis que John et les cinq Marines en exosquelette se frayaient un chemin à travers le passage en épingle. Une fois arrivé au bout, John s'arrêta et tourna le dos à Vachon pour qu'elle puisse déployer son équipe sans qu'il la voie, mais suivit tout de même ses mouvements sur son détecteur de mouvements. Il n'avait établi qu'une seule règle, et elle ne concernait pas la technologie de son Mjolnir.

C'était justement le but.

Vachon était trop maligne pour se contenter d'aligner ses Marines sur toute la longueur du « couloir » improvisé, prêts à être renversés comme des dominos. Au lieu de ça, elle en plaça deux de chaque côté, les alignant en quinconce le long des murs, de sorte que John soit contraint de subir des tirs de toute part. Ils recevraient sans doute quelques tirs alliés, mais tant pis. L'objectif était de l'arrêter. Et s'il parvenait à traverser le couloir, Vachon se tiendrait devant l'épave du warthog, prête à lui tirer dessus tout du long.

John tourna la tête vers la salle d'observation. Enfin, une rangée de visages s'approcha de la fenêtre, avec au centre Whitcomb, Ackerson et Halsey. Il activa les boucliers d'énergie expérimentaux de son Mjolnir, puis dégaina son fusil d'assaut et sortit une grenade flash.

La voix d'Ackerson retentit à l'intérieur de son casque. « Prêt ? »

John dégoupilla la grenade, la garda en main pendant deux secondes, puis la jeta par-dessus son épaule. Si Ackerson dit : « Partez », il ne l'entendit pas. La flash explosa dans un bruit assourdissant, plongeant le hangar dans une lumière blanche aveuglante.

Il plongea vers la gauche, en direction de la cloison d'acier, et le rugissement des mitrailleuses fit trembler l'allée. De toute évidence, Vachon avait anticipé la grenade flash en prévoyant des zones de tir à l'aveugle, et les boucliers expérimentaux de John commencèrent à fatiguer avant même qu'il atteigne l'angle. Il plongea dans une pirouette et se releva, son fusil d'assaut contre l'épaule.

Le sergent Moreno Ruis se tenait à dix mètres de lui, en première position, le casque immobile et le dos appuyé contre la cloison d'acier. Ses bras formaient un angle droit, avec une mitrailleuse dans chaque main. De l'une, elle tirait à l'aveugle dans le couloir, et de l'autre, le long de la cloison en direction de John.

Soudain, l'alerte d'épuisement des boucliers d'énergie retentit.

John ouvrit le feu, envoyant deux longues rafales sous le bras levé du sergent. Son exosquelette se verrouilla et elle cessa de tirer. Il passa alors au Marine posté en deuxième position, dix mètres plus loin, de l'autre côté du couloir. Comme Moreno Ruis, il avait placé ses bras à angle droit, une mitrailleuse arrosant son côté du couloir et une autre pointée en face. Son casque était tourné à 45 degrés, la visière étant concentrée sur un point situé à environ cinq mètres de John. Il n'avait pas encore tout à fait recouvré la vue.

John le neutralisa d'une rafale dans chaque épaule, puis troqua son fusil d'assaut contre un magnum M6D et sa dernière grenade flash avant de se précipiter le long de la cloison. Sur sa gauche, à environ un mètre, une pluie de tirs de mitrailleuse provenant de Vachon continuait d'inonder le couloir. Il n'arrivait pas à déterminer si elle était encore aveuglée… ou si elle ne l'avait jamais été. Mais tant qu'il resterait près de la cloison, son attaque serait bloquée par ses propres Marines. C'était la seule faille dans son plan de déploiement.

Il percuta le flanc de Moreno Ruis et la poussa vers l'avant. Le sergent Nayati Sullivan, le troisième Marine, les entendit arriver et changea de cible. Cependant, le bouclier formé par l'exosquelette verrouillé de Moreno Ruis protégea John.

Ils entrèrent en collision quelques instants plus tard, projetant Sullivan dans la ligne de mire de Vachon. Son exosquelette se verrouilla instantanément, et John profita de l'ouverture pour traverser le couloir et contourner la quatrième Marine, le sergent Yanamari Mylonis.

Se sentant menacée, Mylonis brandit une mitrailleuse pour se défendre, mais les exosquelettes SBD étaient trop lents. Avant qu'elle ne puisse commencer à tirer, John envoya trois balles à blanc dans son casque puis retourna s'abriter derrière Sullivan.

Une vague de tirs de mitrailleuse frôla le flanc de Sullivan tandis que Vachon tentait de prendre John à découvert. Hélas, elle était une demi-seconde trop lente. Sans l'amorcer, John lança sa dernière grenade flash au-dessus de la tête de Sullivan, puis plongea à plat ventre et pointa son M6D entre les bottes de la Marine.

La visière de Vachon était tournée vers le haut, suivant la trajectoire de la grenade, jusqu'à ce qu'elle se rende compte de son erreur et baisse les yeux.

Trop tard.

John visa l'endroit où le plastron rejoignait le mécanisme des hanches. Son exosquelette se verrouilla au septième tir, alors qu'elle avait presque réussi à pointer ses mitrailleuses dans sa direction.

« Eh merde ! » maugréa Vachon à la radio. « C'était une diversion de base et je me suis fait avoir comme une bleue. »

« Ce n'est pas ça, le problème. » John se releva et contourna Sullivan, puis passa devant Vachon avant de se diriger vers le warthog. « Et vous êtes assez douée pour vous en rendre compte, sergent-chef. »

Il tapota le capot du warthog puis, sans un mot, se tourna vers la salle d'observation. Au bout d'un moment, la voix de Whitcomb retentit à la radio.

« Rejoignez-nous dans la zone de vitesse. »

Les cliquetis et les grincements des exosquelettes en marche résonnèrent dans le goulot d'étranglement tandis que John les guidait vers le point de rendez-vous. Cette fois, personne n'osa plaisanter. Vachon et son équipe avaient échoué, et il ne servait à rien de leur dire que c'était l'équipement qui en était la cause. Après tout, ils faisaient partie des forces de reconnaissance des Marines. Ils improvisaient, s'adaptaient et triomphaient.

Arrivée à mi-parcours, l'escouade forma deux rangs : les cinq Marines en exosquelette derrière et les trois nettoyeurs devant. Quant à John, il fut laissé à l'écart. Peut-être par ressentiment ou peut-être parce qu'il représentait tout qu'ils ne seraient jamais. Quoi qu'il en fût, cette séparation était lourde de sens. Il n'était pas des leurs.

Les gradés les rejoignirent, Whitcomb à leur tête. Le vice-amiral adressa un signe de la tête à John, puis se tourna vers Ackerson et les autres.

« Je pense que nous sommes tous d'accord sur le fait que le Major a prouvé qu'il avait raison, » déclara-t-il. « Les prototypes SBD ne sont pas prêts. »

« Je ne suis pas sûr d'être de cet avis, » le contredit Ackerson. « Il a commencé avant que je… »

« Ne soyez pas ridicule, » rétorqua Whitcomb. « Nous avons tous vu ce qui s'est passé. Ces exosquelettes sont lents, encombrants et ont besoin d'une meilleure protection contre les flashs. »

Le visage d'Ackerson s'empourpra. Il jeta un regard noir à John, puis dit : « Veuillez m'excuser, chef. »

« Je suis ravi que nous ayons pu mettre tout ça au clair. » Whitcomb pivota vers John. « Il convient maintenant de déterminer s'il est possible d'atteindre notre objectif d'une autre manière. »

« Vous voulez que je décide ? » demanda John.

« Ce serait mieux, en effet, » répondit Whitcomb. « Vous connaissez les limites de ce que vous pouvez faire. »

« Merci, amiral, » dit John en baissant les yeux. « Laissez-moi réfléchir une minute. »

« Prenez-en deux, » suggéra Whitcomb. « Vous devez être sûr. »

Le Dr Halsey s'approcha et lui prit le bras.

« John, » dit-elle doucement. « Trouvez un moyen. James a raison sur ce point : l'holostellaire pourrait faire la différence entre l'extinction et la survie. »

John croisa son regard. « Compris. »

Il étudia Vachon et son escouade. Ils représentaient l'élite des forces de reconnaissance des Marines, mais ils étaient loin des Astrocommandos. Ils avaient été formés pour infiltrer des régions sauvages inhabitées, des campagnes reculées et même des villes surpeuplées, mais pas pour aborder des vaisseaux sous le feu de l'ennemi.

Ils n'avaient pas non plus de tenue de combat adaptée au vide. Ils étaient sur Reach, Whitcomb pouvait donc facilement trouver huit tenues ASCO à leur taille. Mais l'escouade devrait s'entraîner à utiliser cet équipement, à manœuvrer en apesanteur, à percer une coque sans se perdre dans l'espace. C'était une mauvaise idée, le meilleur moyen de tuer huit bons Marines.

John se souvint alors du transporteur de troupes que les survivants des faucons voraces avaient capturé sur Legopo. C'est comme ça qu'ils s'étaient enfuis. Un spirit pourrait transporter toute l'escouade et l'équipement nécessaire… À condition qu'il atteigne une aire d'amarrage. S'il rencontrait des difficultés en chemin, s'il était attaqué à l'approche ou s'il ne pouvait pas repartir de la même façon qu'il était arrivé, la mission serait fichue, tout comme les Faucons voraces.

« Major ? » l'interpella Whitcomb.

John étudia les membres de l'escouade, un par un. Il ne doutait pas qu'ils se porteraient volontaires si on le leur demandait. Ils formaient une équipe et les équipes se serraient les coudes.

Mais ce n'était pas son équipe et il le voyait dans leurs yeux. Pour aborder le vaisseau logistique et récupérer l'holostellaire, John allait avoir besoin de quelqu'un avec qui il pourrait travailler.

Et qui pourrait travailler avec lui.

« Sergent-chef Vachon, » dit-il, « Le spirit que vous avez capturé… Peut-il aller dans l'espace ? »

« Ce spirit appartient à Materials Group… »

« Il peut, » confirma Vachon, interrompant Ackerson. « Nous l'avons testé la semaine dernière. Mais de là à transporter une escouade complète… Combien de Marines comptez-vous emmener ? »

John se tourna vers Whitcomb. « Un seul. »

Whitcomb haussa un sourcil. « À qui pensez-vous exactement ? »

Sources[modifier | modifier le wikicode]